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lemondePar  Publié e 12/12/2019 à 10h49

Tensions sur le marché des télécoms d’entreprise

La faillite de l’opérateur télécom Kosc, lancé à l’origine pour casser le duopole d’Orange et SFR, inquiète. Plus de 65 000 entreprises pourraient être privées d’Internet. Le Sénat appelle l’Etat à réagir.

Que va-t-il advenir de Kosc ? En faillite, le trublion des télécoms professionnels, lancé il y a près de quatre ans avec la bénédiction des pouvoirs publics pour bousculer le duopole d’Orange et SFR sur le marché des entreprises, cherche un repreneur. Un appel d’offres était sur le point d’être publié, jeudi 12 décembre, par l’administrateur judiciaire. Les candidats au rachat de l’opérateur auront jusqu’au 27 janvier pour déposer leurs offres.

Dans le monde des télécoms, l’onde de choc est palpable. « Les clients s’inquiètent. Plus de 65 000 entreprises risquent d’être privées d’Internet si Kosc ne trouve pas de repreneur. La transformation numérique et la compétitivité des TPE et des PME est en danger », assure Laurent Silvestri, président du Club des dirigeants réseaux et télécoms (CDRT), un groupe d’affaires qui réunit près de 200 professionnels du secteur.

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latribune  |   

Très haut débit pour les entreprises : le Sénat alerte le gouvernement 

https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/tres-haut-debit-pour-les-entreprises-le-senat-alerte-le-gouvernement-835176.html

Tandis que l’avenir de Kosc, un opérateur stratégique du marché des télécoms pour les entreprises, s’inscrit en pointillés, les parlementaires appellent l'exécutif à prendre des mesures pour s’assurer que les TPE et PME puissent enfin accéder des offres de fibre à prix raisonnable.

Sur le front des télécoms, les sénateurs sont décidément très remontés envers le gouvernement. Alors que les parlementaires ont récemment pesté contre l'enveloppe, jugée insuffisante, octroyée par l'exécutif pour déployer la fibre dans les territoires ruraux, ceux-ci ont interpellé les pouvoirs publics, ce mercredi, concernant sa politique dans les télécoms pour les entreprises. Plus précisément, la Délégation aux entreprises et le Groupe numérique du Sénat s'alarment depuis des semaines de la situation de Kosc.

Suite à un conflit avec Altice, l'avenir de cet opérateur de gros sur le marché des télécoms professionnelles est incertain. En grandes difficulté financière, celui-ci a été placé en redressement judiciaire et cherche un repreneur. La situation de Kosc sème le trouble sur le marché de la fibre pour les entreprises. Son activité est jugée stratégique par l'Arcep. Le régulateur des télécoms a tout fait, ces dernières années, pour épauler Kosc. L'Arcep le perçoit comme un catalyseur de la concurrence dans un marché dominé par Orange, et dans une moindre mesure par SFR. L'objectif étant, in fine, de permettre enfin aux TPE et aux PME d'accéder à des offres Internet fixe bon marché.

Aux yeux des sénateurs, la disparition de l'activité de Kosc constituerait un désastre pour la numérisation des entreprises, un domaine où la France est en retard. A plusieurs reprises, les parlementaires ont demandé au gouvernement de se saisir du dossier. Mais leurs interpellations sont restées lettres mortes. « Nous avons alerté le gouvernement au plus haut niveau, mais les échos sont négatifs », canarde Elisabeth Lamure, sénatrice du Rhône (LR) et présidente de la Délégation sénatoriale aux entreprises. « Nous n'avons eu aucune réponse des pouvoirs publics concernant notre principale préoccupation : la possibilité que 65.000 PME (bénéficiant d'une ligne Kosc, Ndlr) se retrouvent sur le carreau, sans Internet... », déplore-t-elle.

Même son de cloche pour Patrick Chaize, sénateur de l'Ain (LR), et président du Groupe numérique du Sénat. Le parlementaire souhaite que le gouvernement soutienne « le modèle de Kosc », qui vend de la connectivité en gros aux opérateurs alternatifs - lesquels la commercialisent ensuite, au détail, aux entreprises. Kosc a surtout une particularité importante : en tant que grossiste pur, il n'est pas concurrent des opérateurs alternatifs sur le marché de détail. Pour Patrick Chaize, le fait que l'exécutif n'ait toujours pas répondu aux inquiétudes des parlementaires concernant l'avenir de Kosc est regrettable. D'autant que la société n'aurait pas vu le jour sans l'aide de l'État. « Kosc est né grâce au soutien de l'Autorité de la concurrence, de l'Arcep, ainsi que de la Banque des Territoires (qui dépend de la Caisse des Dépôts, Ndlr) », rappelle le sénateur.

Une affaire « d'intérêt général numérique »

A travers ce dossier, Patrick Chaize souhaite que le gouvernement prenne à bras le corps le problème de l'accès à la fibre des TPE et des PME. « Notre objectif est que toutes les entreprises françaises puissent bénéficier demain de la fibre sur un réseau neutre, ouvert, à un prix qui soit acceptable », poursuit-il. Elisabeth Namure, elle, qualifie l'affaire « d'intérêt général numérique ». Dans le sillage de la publication d'un rapport sur les télécoms professionnelles et la situation de Kosc, elle évoque la possibilité de déposer une proposition de loi.

En fin de semaine dernière, Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, a affirmé que l'activité de Kosc, en tant que grossiste pur, était fondamentale pour les télécoms professionnelles. « Nous appelons de nos vœux à la prolongation de cette activité, que ce soit via un adossement différent avec ses investisseurs, ou à travers une reprise du groupe », a-t-il indiqué. Avant d'avertir les candidats à la reprise : « L'important, c'est qu'une activité de gros volontariste soit structurellement garantie. »

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Le Sénat se mobilise pour sauver l’opérateur Kosc

La faillite du groupe de télécoms menace de priver 65.000 PME d’un accès à internet.

Par Elsa Bembaron - Publié 12/12/2019  

L’objectif de Kosc était de rendre la fibre plus accessible pour les PME. Chepko Danil, chepko@yandex.ru/Chepko Danil - stock.adobe.com

La bonne idée va-t-elle virer à la catastrophe industrielle ? L’opérateur télécoms Kosc a été lancé pour « introduire de la concurrence » sur le marché dédié aux entreprises. Trois ans plus tard, il risque de mettre la clef sous la porte, au risque de voir «plus de 65.000 entreprises, essentiellement des TPE et des PME, privées d’accès à internet», affirme Laurent Silvestri, président du Club des dirigeants réseaux & télécoms (CDRT). Une inquiétude partagée par la Délégation sénatoriale aux entreprises qui tire la sonnette d’alarme. « Nous avons alerté les régulateurs et les cabinets ministériels concernés il y a quelques semaines, sans voir de réponse », ajoute Élisabeth Lamure, sénatrice.

La naissance de Kosc répondait à une préoccupation commune à l’Autorité des télécoms (Arcep), l’autorité de la concurrence (ADLC) et de la Banque des territoires. «Il fallait mettre fin au duopole d’Orange et SFR sur le marché des entreprises», rappelle le sénateur Patrick Chaize. Or déboutant une demande de Kosc face à Altice SFR en septembre 2019, l’autorité de la concurrence a précipité sa chute.

Kosc est un opérateur de gros: il vend des connexions à des sociétés qui les revendent avec d’autres services à des entreprises. L’objectif était que ce nouvel entrant tire vers le bas les prix de la fibre pour les PME. «Aujourd’hui, pour bénéficier d’une offre dédiée, avec un débit et des services garantis, une PME doit débourser entre 400 et 600 euros par mois. C’est un coût que beaucoup ne peuvent pas supporter», explique Laurent Silvestri. Néanmoins, ces petites et moyennes entreprises sont demandeuses d’un raccordement à la fibre, indispensable pour le passage au numérique. La CDRT se plaint de délais de raccordement à la fibre «pouvant atteindre un an», chez SFR! Pour Laurent Silvestri, Kosc «est un opérateur neutre qui entraîne avec lui tout un écosystème». Lequel risque d’aller au naufrage en cas de disparition de Kosc.

Depuis début décembre, le groupe est en redressement judiciaire. Il bénéficie d’une période d’observation de six mois, avec poursuite de son activité sous l’assistance d’un administrateur judiciaire. Celui-ci devrait lancer cette semaine un appel d’offres pour trouver un repreneur à Kosc. Bouygues Telecom a déjà regardé le dossier, mais sans donner suite pour le moment, D’autres noms circulent, comme celui d’Axione, un opérateur de réseaux télécoms. Des fonds d’investissement, spécialisés ou non dans les infrastructures, pourraient également être intéressés, alors qu’un mouvement de consolidation est enclenché dans ce secteur. Mais il leur faut avoir des horizons d’investissement à long terme compte tenu du modèle économique de Kosc. «On voit bien des marques d’intérêt», commente Antoine Fournier, PDG de Kosc, qui préfère rester prudent dans ses pronostics.

Des dizaines de millions

Les sommes à injecter vont dépendre du profil de l’éventuel repreneur. Hors synergies avec un acteur industriel, il faut encore «plusieurs dizaines de millions d’euros pour arriver à l’équilibre». Les télécoms sont une industrie de coût fixe, ce qui implique qu’il faut laisser le temps à l’opérateur de remplir son réseau pour qu’il puisse enfin dégager des marges.

Face à cette incertitude, la Délégation sénatoriale aux entreprises demande au gouvernement de «sauver le modèle Kosc». C’est-à-dire de maintenir l’activité d’un troisième opérateur sur le marché des entreprises.

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Veut-on vraiment accélérer la digitalisation des entreprises ?

C’est un paradoxe : la France est en même temps leader en matière de couverture fibre (3ème en Europe) et parmi les derniers en matière de transformation numérique des entreprises (18ème [1]).

La transformation numérique des entreprises nécessite de combiner informatique, telecoms et cloud : sécurité des données, développement du télétravail, liaisons multisites, visioconférences… Offres et besoins évoluent vite, et les TPE/PME n’ont ni le temps ni les compétences pour gérer cela en interne. Elles doivent pouvoir compter sur des ensembliers, qui savent pour elles assembler, interfacer et mettre à jour un large panel de produits numériques qui leur sont externalisés et qui servent au bon fonctionnement quotidien des entreprises.

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Infographie : source CDRT

Cet écosystème de sociétés de proximité compte environ 1 300 opérateurs de services numériques répartis sur tout le territoire. Leur présence locale et leur diversité sont gages de concurrence et d’innovation, dans un secteur très évolutif. Certaines de ces entreprises possèdent leurs propres « cœurs de réseaux », mais la plupart s’appuie sur des opérateurs qualifiés d’agrégateurs (de liens télécoms). In fine, uniquement grâce à la possibilité d’accéder aux offres du marché de gros, ils utilisent tous les infrastructures essentielles qu’il n’est pas question de répliquer (les réseaux cuivre et fibre).

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Infographie : source CDRT

Ces opérateurs se sont pour la plupart développés grâce aux RIP, les réseaux d’initiative publique créés à la demande des collectivités pour développer les services offerts et apporter la concurrence entre les acteurs télécoms. Les RIP s’interdisent de vendre sur le marché de détail, c’est-à-dire de rentrer en concurrence avec leurs clients directs (les opérateurs de service numérique et les agrégateurs). Ce principe a poussé les RIP à développer des offres qui correspondent parfaitement aux besoins du marché de gros : neutres, ouvertes et activées. Les résultats sont clairs : les RIP, qui ne sont pourtant disponibles que pour une minorité des entreprises, représentent selon l’ARCEP 50% des liens en fibre optique vendus sur le marché de gros pour les professionnels[2]. Au-delà de favoriser la concurrence[3] et la diversité parmi les opérateurs et donc d’accélérer la transition numérique des entreprises, le modèle des RIP a un impact positif sur l’économie et l’emploi[4]. Le modèle « wholesale only »  a même été promu et repris par la Commission européenne[5] dans son nouveau code des communications électroniques. L’OCDE dans son rapport publié le 10 septembre, l’identifie comme un des modèles d’avenir des opérateurs[6].

Si le modèle d’offreurs de gros non présents sur le marché de détail produit des résultats positifs pour les entreprises dans les RIP, sa reprise en zone d’initiative privée devrait pouvoir produire les mêmes effets. C’était l’objectif visé par KOSC lors de sa constitution - fondée sur la décision de cession du réseau Completel imposée par l’Autorité de la concurrence à SFR en 2014 et favorisée par l’évolution en 2017 des conditions de régulation prévues par l’ARCEP – pour faire bouger les lignes d’un marché considéré, y compris par le régulateur, comme non suffisamment concurrentiel.

KOSC est aujourd’hui à un tournant de son histoire, mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas son seul destin qui se joue ici : la recomposition de son capital déterminera la poursuite de l’évolution ou le repli de l’animation concurrentielle entamée dans les zones d’initiative privée. La conséquence du dysfonctionnement du marché professionnel - qui représente 10 milliards d’euros par an, soit 1/3 de l’ensemble du marché des télécoms - c’est une transformation des entreprises ralentie : pas d’usage numérique avancé sans accès télécom ouvert.

Le modèle d’opérateur de gros neutre a fait ses preuves. Le marché télécom des entreprises est-il condamné à rester insuffisamment concurrentiel sur une large partie du territoire ? La France va-t-elle rester  en queue de peloton en Europe en matière de transformation numérique des entreprises ? L’Avicca, le CDRT et InfraNum se rassemblent pour que ces questions, lourdes de conséquences, soient bien mises en balance au plus haut niveau lors des arbitrages à venir.

Patrick Chaize -  Président de l’AVICCA                    

Etienne Dugas -  Président d’InfraNum                    

Laurent Silvestri -    Président du CDRT

 

A propos d’InfraNum : www.infranum.fr

Créée le 6 décembre 2012 pour accompagner le Plan France Très Haut Débit, la fédération InfraNum (ex-FIRIP), regroupe plus de 200 entreprises représentatives de l’ensemble des métiers de la filière des Infrastructures du numérique (bureaux d’études, opérateurs, intégrateurs, équipementiers, fournisseurs de services, etc.).

Partenaire industriel de tous les territoires connectés ou à connecter, elle soutient l’aménagement numérique et le développement des usages sur les territoires en misant sur une infrastructure neutre, ouverte et mutualisée.

Interlocuteur privilégié du gouvernement, des principaux organes de décision français dédiés au numérique (Agence du numérique, ARCEP, Commission supérieure du numérique et des postes) et des collectivités, elle favorise les partenariats entre acteurs publics et privés et avec l’ensemble des acteurs institutionnels et techniques. 

Parmi ses thèmes d’actions prioritaires, au-delà du déploiement du THD : les smart territoires et la gouvernance de la donnée ; l’emploi et la promotion des métiers du déploiement de la fibre ; la valorisation et la promotion à l’étranger du modèle des réseaux à la française. 

En tant que membre d’Objectif Fibre, collectif dont le but est d’éditer des guides pratiques et d’améliorer la formation aux métiers du THD, InfraNum est en charge de la mise en place de la communication liée à l’EDEC signé avec l’Etat au sujet de l’emploi et la formation dans la filière de la fibre optique.

InfraNum a oeuvré collectivement, aux côtés des fédérations AFNUM, FFT et Sycabel, pour la création d’un Comité Stratégique de Filière « Infrastructures du numérique », annoncé le 22 novembre 2018 par le gouvernement.

 

A propos de l’AVICCA

Créée en 1986, l’Avicca fédère les collectivités françaises qui agissent pour l’aménagement numérique des territoires, afin de mutualiser les expériences et peser sur le contexte national. Plus de 30 ans d’expérience lui donnent un recul irremplaçable dans les analyses, en particulier sur les questions du jeu des acteurs, de la réglementation, des stratégies et des évolutions technologiques. L’AVICCA est membre des instances suivantes : Comité de Concertation France THD, Comité de Concertation France Mobile, Comité de l’interconnexion et de l’accès (Arcep), Comité d’experts cuivre (Arcep), Comité d’experts fibre (Arcep) et du Comité opérationnel des RIP (Agence du Numérique). Elle est également partenaire de locales TV. L’association représente ainsi plus de 230 adhérents, villes, intercommunalités, départements, régions, syndicats mixtes, syndicats d’énergie, régies, SPL, de métropole et d’Outre-Mer.

 

A propos du CDRT

Le CDRT est un club d’affaires, créé en 2012, qui a pour objectif de réunir les acteurs de la convergence informatique et télécoms, faciliter le networking et apporter un éclairage d’experts sur les sujets d’actualités. Il permet d'échanger et partager des expériences avec l'ensemble des acteurs de l'écosystème informatique et télécoms, créer des synergies Business en toute bienveillance, anticiper les évolutions du marché et des usages et participer à la promotion des Communications Unifiées. Le CDRT compte 190 membres dirigeants, représentant les différents acteurs de l’écosystème des Communications Unifiées, intégrateurs, opérateurs, éditeurs, é

 

[1] Commission Européenne, Digital scoreboard index, 2017

[2] Bilan et perspectives ARCEP, juillet 2019

[3] Les RIP à destination des professionnels peuvent compter plusieurs dizaines d’opérateurs clients différents. A titre d’illustration, celui de Nantes Métropole, sur un périmètre géographique restreint, en comptait déjà plus de 60 dès la 4ème année de fonctionnement

[4] Taux de chômage à 9,9% pour les zones d’emploi traversées par un RIP contre 10,55% ailleurs, taux de création d’entreprise supérieur d’environ 10% (Observatoire Caisse des Dépots, FIRIP,devenue InfraNum, Idate/Digiworld 2017)

[5] Opérateurs « wholesale only » du nouveau « paquet télécoms » dont la directive doit être retranscrite en droit français prochainement.

[6] Kosc est cité en exemple dans ce rapport  (https://www.oecd-ilibrary.org/science-and-technology/the-operators-and-their-future_60c93aa7-en)

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logo edi  Publié le 01/09/2019

LEDI Avisdexpert CDRTsmall'année 2019 marque l'accélération de la transformation numérique où les opérateurs de services numériques ont une vraie carte à jouer en misant notamment sur la connaissance des clients et l'adaptabilité de leurs offres. Le tout avec l'appui constant du CDRT.

Par Philippe Sordet, vice-président du CDRT (Club des Dirigeants Réseaux et Télécoms)

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logo CBPPublié le 30/07/2019

Les Communications Unifiées étaient au cœur de la conférence organisée le 5 juillet par le Club des Dirigeants Réseaux et Télécoms (CDRT). Les opérateurs télécoms, ainsi que les intégrateurs ou les fournisseurs IT, tentent de se tailler la part du lion sur ce marché en forte croissance, grâce au Cloud, et qui se consolide rapidement. Mais le couteau suisse de la communication unifiée n’existe pas encore

Philippe Sordet, vice-président du CDRT (Club des Dirigeants Réseaux et Télécoms), a introduit le sujet en faisant référence à une étude sur les Communications Unifiées réalisée par le cabinet d’études Cavell. Selon elle, le marché des Communications Unifiées a connu 26% de croissance entre 2018 et 2019. Il pourrait même atteindre 143,49 milliards US d’ici 2024 d’après une étude de la société Grand View Research. « Ce marché est en pleine croissance en France et il est en voie de consolidation. La France rattrape même son retard dans les Communications Unifiées sur le Royaume-Uni et l'Allemagne », estime Philippe Sordet.

Les PME sont prêtes pour le Big Bang de la communication unifiée

Lors de la table ronde sur la communication unifiée du CDRT, animée par Pierre-Antoine Thiebaut, directeur marketing opérationnel de Bouygues Telecom Entreprises, la plupart des intervenants sont tombés d’accord sur le fait que les PME sont la clientèle la plus demandeuse, d’autant que les entreprises inférieures à 100 postes restent encore peu couvertes, même si leur demande est en forte progression.

Si Bertrand Pourcelot, directeur de l’opérateur Centile, estime que les PME sont enfin « prêtes pour le Big Bang de la communication unifiée », leur adressage doit rester sélectif pour gérer la grande diversité de ces millions d’entreprises : « Certaines ont un DSI, d’autres ont besoin d'être accompagnée par des intégrateurs pour remplacer leurs outils téléphoniques. Sinon, je constate une demande importante des nouvelles structures ou start-ups qui veulent beaucoup de couplage ».

Les partenaires jouent un rôle-clé dans l’intégration et la personnalisation des solutions de communication unifiée

Les intervenants présents ont d’ailleurs souligné l’importance du travail des partenaires dans l’intégration des divers connecteurs (API) dans le back office des nombreuses solutions de communication unifiée. « D’autant que les attentes des clients évoluent, tout comme les demandes pour des prestations d’intégration, en forte augmentation chez les intégrateurs IT. Leur métier change car ils doivent conseiller le client et intégrer les offres sur étagère », précise Bertrand Pourcelot.

Attention toutefois, « La frontière est de plus en plus mince entre le partenaire technologique et le partenaire intégrateur », prévient Antony Tobelaim, responsable des partenaires EMEA de Aircall, l’éditeur d’une solution de communication unifiée. « Le premier doit adresser surtout les divisions métiers pour comprendre leurs challenges et proposer une solution de téléphonie qui va s'intégrer à chaque outil et chaque besoin, en partenariat avec les intégrateurs ».

La gestion des profils utilisateurs dans les solutions de communication unifiée est une autre source de revenus récurrents pour les intégrateurs selon Yvanie Trouilleux, responsable marketing de Mitel France : « Le nerf de la guerre réside dans la bonne personnalisation des outils, via des API, en partenariat avec les intégrateurs notamment. En effet, les besoins en communication unifiée des entreprises vont bien au-delà des versions livrées en mode standard. Attention cependant à bien configurer ces outils en entreprise car, sinon, le taux de churn important ».

Le couteau suisse de la communication unifiée n’existe pas encore

Philippe Sordet remarque que des outils comme Team et Office 365 ont contribué à accélérer la pénétration de la communication unifiée dans les entreprises. Toutefois, il n’existe pas encore de couteau suisse parfait dans la communication unifiée selon Antony Tobelaim : « Je ne crois pas à l'outil informatique qui va tout bien faire dans la communication unifiée, même si un acteur finira par s'imposer et répondre aux nombreuses attentes des utilisateurs.». Un avis partagé en grande partie par Bertrand Pourcelot qui « ne crois pas dans un outil unique dans les Communications Unifiées. Il n'y aura pas non plus un acteur unique, mais plutôt un acteur référent par marché ».

En effet, le dirigeant estime que l'interface qui unifie les communications change beaucoup en fonction du métier de l'entreprise et des usages liés au support de communication choisi (fixe / mobile). Cette dernière ne va certainement pas adopter une interface qui ne lui correspond pas. Il n’empêche, Yvanie Trouilleux croit quant à elle « dans une interface unique qui permet à tous les utilisateurs de se connecter ».

Le Cloud a accéléré le développement de la communication unifiée

Le rôle du Cloud dans le développement rapide du marché de la communication unifiée est un autre sujet consensuel chez les intervenants. « Le Cloud est un accélérateur pour la communication unifiée. Les employés l’utilisant déjà à titre personnel, ils sont familiarisés avec son utilisation en entreprise », estime Yvanie Trouilleux.

La qualité et la convergence des réseaux haut débit actuels est l’un des autres facteurs qui expliquent le succès grandissant la communication unifiée selon Pierre-Antoine Thiebaut, directeur marketing opérationnel de Bouygues Telecom Entreprises : « La technologie qui sous-tend la communication unifiée est prête, de même que les réseaux qui la transporte, qui sont en attente de la 5G. Toutes ces ruptures technologiques obligent l'entreprise à repenser son mode de production et d'adressage des clients ».

En conclusion, Laurent Silvestri, président du CDRT et d’Open IP, estime que la communication unifiée « est un projet d'entreprise dans lequel le dirigeant doit se mobiliser fortement avec ses directions métier. L'utilisateur doit également être impliqué très en amont dans ces changements afin de contribuer à la réussite de ce projet de transformation digitale. Il se gère en plusieurs étapes et sur plusieurs années car les outils évoluent rapidement ». Le CDRT revendique 182 membres, dont 48% d'intégrateurs et 28% opérateurs de services IT, ainsi que 17% d'équipementiers réseaux.

 

- article de Olivier Bellin dans Channelbp.com 

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