« L’IA au centre des opérations »
« Promesse, réalités et angles morts dans les Télécoms »
Table ronde organisée par le CDRT lors de la présentation du Baromètre des Télécoms d'entreprise 2026, avec la participation de Karim Othmani, Holafly — Michael Guerrand, Fairway — Ludovic Rateau, Ringover
Lors de la table ronde « L’IA au centre des opérations : promesse, réalités et angles morts dans les Télécoms », organisée dans le cadre du Baromètre CDRT 2026, Karim Othmani chez Holafly, Michael Guerrand chez Fairway et Ludovic Rateau chez Ringover confrontent leurs visions pour décrypter, sans filtre, ce que l’intelligence artificielle change réellement dans les opérations télécoms.
Dans la salle, le sujet attire. L’IA est partout, mais rarement là où on l’attend. Très vite, le ton est donné. Derrière les discours, les intervenants ramènent le débat au terrain. L’IA ne révolutionne pas les télécoms d’un coup. Elle s’insère, elle optimise, elle révèle.
Karim Othmani ouvre le bal avec une approche concrète. Chez Holafly, l’IA agit au cœur même du service. Elle ajuste en temps réel le choix des réseaux partenaires, adapte la connectivité selon la qualité disponible, améliore l’expérience dans des environnements multi-opérateurs. Rien de spectaculaire en apparence, mais un impact direct. La qualité de service devient dynamique. Elle s’ajuste en continu. La donnée de connectivité, longtemps sous-exploitée, se transforme en intelligence opérationnelle. Elle anticipe les usages, affine les offres, guide les décisions.
Mais très vite, une limite s’impose. « L’IA ne remplace pas l’infrastructure réseau. » La phrase revient comme un rappel. Le logiciel améliore l’exploitation, mais il reste dépendant d’une réalité physique. La qualité des réseaux, la complexité des accords entre opérateurs, les contraintes locales… l’IA ne les efface pas. Elle compose avec.
Le débat glisse alors vers un autre terrain, plus stratégique. Michael Guerrand pose une question qui fait mouche. « La vraie question : est-ce que l’IA change le modèle économique des opérateurs, ou juste leur catalogue ? » Derrière l’ajout de fonctionnalités, souvent visibles, se cache un enjeu plus profond. Passer d’un produit enrichi à un modèle de distribution de services IA récurrents. Le basculement reste rare. Et pour cause. Il ne s’agit plus d’innover, mais de transformer.
Dans ce contexte, la donnée devient centrale. Pas celle des dashboards, déjà connus, mais celle qui circule dans les échanges. « Les KPI mentent tant qu'ils ne sont pas extraits automatiquement des conversations ». L’IA conversationnelle ouvre une brèche. Elle capte une réalité jusqu’ici invisible. Elle structure ce qui ne l’était pas. Elle change la gouvernance, plus que la productivité.
Ludovic Rateau, de son côté, recentre le débat sur l’opérationnel. L’IA produit des gains, mais à condition de dépasser les effets d’annonce. Supervision réseau, maintenance prédictive, gestion des incidents… les bénéfices existent, mesurables, mais progressifs. Le passage du PoC à la production reste un obstacle majeur. Les systèmes hérités, les cultures internes, la qualité des données ralentissent l’industrialisation.
Le sujet du support client illustre bien cette tension. L’IA conversationnelle automatise, accélère, fluidifie. Mais la relation reste fragile. La fidélisation ne se décrète pas. Elle se construit. Trouver l’équilibre entre automatisation et qualité humaine devient un exercice délicat.
Au fil des échanges, les angles morts apparaissent. La donnée, omniprésente, reste souvent mal structurée. L’explicabilité des modèles pose question. La souveraineté s’impose comme un sujet stratégique. Loin d’être une contrainte, elle devient un argument commercial dans un contexte où les entreprises s’interrogent sur la dépendance aux acteurs américains.
En toile de fond, une autre transformation se dessine. Le marché du logiciel lui-même évolue. Moins d’euphorie, plus d’exigence. Les usages priment sur les promesses. Le SaaS ne disparaît pas, il se normalise. L’IA accélère cette transition. Elle impose des modèles plus responsables, plus ancrés dans le réel.
Ce qui ressort finalement de cette table ronde, ce n’est pas une révolution brutale. C’est une montée en maturité. L’IA ne remplace pas les télécoms. Elle les révèle. Elle met en lumière leurs forces, leurs limites, leurs dépendances.
La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer le secteur.
Elle consiste à comprendre jusqu’où les acteurs sont prêts à aller pour l’intégrer vraiment.
Cliquez ICI pour regarder le replay de cette table ronde...
https://vimeo.com/itrnews/2026-cdrt-ia
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